La pratique

"Celui qui n'a pas le gout de l'Absolu
  Se contente d'une médiocrité tranquille."

                                            Cézanne

L’entraînement, on dit « Keiko » en japonais ; il dure toute notre vie.
Au Kyudo l’image du mot Keiko est : « se corriger par la répétition ». 
Ainsi on reste toujour un élève.

kyudo : tir d'entrainement au kyudojo de Maulévrier, Parc Oriental

L’archer aime l’Arc et son monde, sans aucune raison particulière,
il est heureux de tirer, de répéter les gestes justes.
Il goûte comme personne ce moment mystérieux,
inexplicable, déroutant, qu' est l’instant du lâcher.
Alors il s’y donne de tout son cœur avec audace.
Il suffit d’avoir l’intuition qu’il y a là quelque chose,
là dans le cœur de l’arc et qu’il s’agit de s’y conformer sans rien en attendre. 
Débutants ou anciens, tout le monde est logé à la même enseigne.

Kyudo : on dit aussi Yumi no michi : le chemin de l’arc.
Dans ce parcours, cette voie, il s’agit de se conformer à l’étude.
Suivre les bases et l’enseignement, puis les appliquer dans la pratique et en dehors de la pratique.
C’est trouver cette droiture, cette ligne qui nous accorde au centre de la cible ainsi qu’à toutes choses apparentes et non apparentes.

On ne se préoccupe ni de résultats et ni de forme…
On ne pratique pas parce que c’est « bon pour la santé » ou bien encore « bon pour le stress » ou bien encore pour quelques déductions d’ordre psychologiques, physiques ou émotionnelles.
On tire et l’on tend le plus simplement possible vers « le Beau, le Bien, le Vrai ».
On tire en toute innocence.
Alors, si l’on est conforme aux bases enseignées, conforme aux lois de la Nature,
c’est naturellement que la flèche ira dans la cible.