25 mai 2020

Bien chers Compagnons pratiquants

Nos séances ont repris et j’en suis fort content. Certes en groupe restreint et dans une grande vigilance de comportement dans la situation actuelle.  Chacun était un peu tendu dans ces nouvelles attitudes peu habituelles.

Les convenances relationnelles d’éthique  s’en sont retrouvées au stricte minimum d’expression. 

Notre pratique nous enseigne continuellement que la voie est justement dans chaque situation qui s’offre à nous, que c’est une chance où nous pouvons expérimenter autres choses que nos habitudes encrées et astreignantes. 

Chaque flèche est unique et nous pouvons choisir d’honorer comme il se doit l’espace  merveilleux dans lequel elle vit. Je remarque que le ralliement est tout autre et c’est justement celà qui entrave la vivacité joyeuse du tir. Le conseil reçu s’en trouve infecté, car on se maintient dans le fait que la correction ne doit avoir qu’un seule objectif, celui  de faire atteindre la cible. 

 La séance du mardi reste encore très peu fréquentée et je le déplore fortement. 

Pourtant cette séance est essentielle au cheminement que notre pratique exige. Les corrections reçues le samedi peuvent être célébrées, expérimentées, appréciées, dans un keiko où le maître qui est en chacun trouve sa place ainsi que  l’acte qui en découle. 

Toute apparence de réussite est un leurre. Le joie de pratiquer, de ne point encore aboutir,  d’être bien  campé sur ses jambes, la poitrine ouverte,les épaules cherchant à se  dégager,  les hanches généreuses, le sommet du crane visant le ciel, tout celà inventant la présence généreuse, offerte à son entourage, voilà qui est la voie de l’arc que je souhaite inventer à chaque séance avec votre appui, votre soutien, votre collaboration, sous votre ombre, dans vos bras, dans vos coeurs.

Bernard