Vendre l’amour
【第981回】 愛を売り込む
Chaque matin, je lis un peu de L’essence de l’Aiki ou de Takemusu Aiki. Une fois que j’ai terminé L’essence de l’Aiki, je passe à Takemusu Aiki, puis de nouveau à L’essence de l’Aiki... ainsi de suite. Je ne sais plus combien de fois je les ai lus. Grâce à cela, j’ai commencé à mieux les comprendre. À propos, dans le contexte de l’aikido, comprendre signifie non seulement comprendre intellectuellement, mais aussi être capable d’exprimer cette compréhension à travers la technique. Si cela ne peut pas être exprimé par la technique, alors cela n’a pas encore été compris.
Ce matin, le passage de L’essence de l’Aiki que j’ai lu avait pour titre « Le monde appartient à ceux qui sont dénués de désir », mais c’est le passage suivant qui a fait réagir mon corps. Une réaction du type : « C’est merveilleux, c’est important ».
« Le monde entier a pour fondement l’économie. Ce n’est que lorsque l’économie est stable que la voie peut s’ouvrir. L’économie de notre pays est une seule et même chose que l’esprit et la matière. Au Japon, c’est "vendre" qui vient en premier, et au Japon, on vend toujours "la sincérité", on vend "l’amour". Même dans les arts martiaux, on commence par vendre l’amour, et l’on appelle le cœur des gens. »
Autrement dit, il faut avant tout que l’économie soit stable. En particulier, l’économie du Japon, mais aussi celle de l’individu (ou de la famille). Si l’économie n’est pas stable, on ne peut même pas s’entraîner à l’aikido. Il faut donc avant tout s’efforcer de stabiliser son économie. Ce n’est qu’une fois cette stabilité atteinte qu’on peut se concentrer sur la pratique.
Ensuite, il est à nouveau question d’économie, mais dans le sens où l’économie (les affaires) doit être une union entre l’esprit et la matière. Il ne s’agit pas simplement de vendre des choses matérielles, mais de vendre des choses accompagnées d’un esprit juste. Si l’on vend uniquement pour gagner de l’argent, cela revient à une économie (ou des affaires) fondé uniquement sur la matière, dépourvu d’esprit. Il est désolant que cette tendance soit aujourd’hui si répandue.
Cet esprit, c’est la sincérité et l’amour. La sincérité et l’amour signifient un esprit qui se place du point de vue de l’acheteur, dans le but de lui apporter joie et satisfaction. Il s’agit de vendre un produit en pensant : « Si j’offre cela, cela rendra sûrement l’autre heureux. » On reçoit alors de l’argent (la matière) en échange de cette sincérité et de cet amour que l’on a proposés. L’acheteur est satisfait, le vendeur aussi : c’est une situation gagnant-gagnant.
La question importante vient ensuite :
« Même dans les arts martiaux, on commence par vendre l’amour, et l’on appelle le cœur des gens. »
Que signifie cette idée, dans la pratique martiale en binôme, lorsqu’on applique une technique à l’autre ? Comment "vendre l’amour" et "appeler le cœur de l’autre" dans ce contexte ? C’est ce que je vais essayer de décomposer et examiner point par point.
"Vendre l’amour" signifie, dans l’économie (les affaires), d’abord proposer quelque chose en priorité. Ce que l’on propose en premier, c’est l’amour et la sincérité. Cela signifie utiliser les techniques avec amour et sincérité. Alors, qu’est-ce que l’amour et la sincérité dans les arts martiaux ?
L’amour, je le comprends comme l’amour universel. C’est l’esprit de la création, du développement et de l’harmonie universels, un amour accordé sans distinction à toutes les choses de l’univers. Les êtres humains ont pour mission d’aider à la construction du paradis terrestre par la création et le développement, et c’est pourquoi ils peuvent entrer en résonance avec l’amour universel. En s’unissant à l’univers, on vend cet amour à travers les techniques.
Par ailleurs, la sincérité est, selon moi, la vérité. C’est l’ordre des choses dans l’univers, les lois universelles. Utiliser les techniques selon ces lois, c’est "vendre la sincérité".
En transmettant cet amour et cette sincérité par les techniques, la pratique devient un moyen, pour les deux parties, de contribuer à la construction du paradis, tant sur terre que dans l’univers. L’autre personne entre en résonance avec l’amour et la sincérité exprimés par les techniques, et les suit naturellement. C’est ce qu’on appelle, selon moi, "appeler le cœur de l’autre".
Sasaki Takashi