LE FUBOKAN DE FRANCE

Catégorie : nouveau mot du jour

Ardeur

Il n’y a pas un instant dans le temps qui jalonne notre pratique où l’on
s’observe, se compare, s’évalue et cela dans le grand dédale des
consignes. On dissimule ses soupirs, on se plaint en sourdine.
Impassible, on jubile au petit trou dans le papier.
On s’écarte du vrai progrès.

Il nous fut dit :
« Ne pense pas à faire des progrès » ou une autre fois « comment fairedes progrès ».
Enseignement exprimé d’une fermeté toute féminine comme aimait le
faire nos professeurs, dans leur âge mûr de toute une vie de pratique.

Souvent sous nos contrées, ce qui ne sonne pas fort ni argumenté,
s’efface sans être respecté.
Mystérieuse information, j’en conviens. Toute paradoxale, elle demande
une certaine réflexion.
On pourrait approfondir, se poser des questions, « agir des
méninges ». La plupart du temps le pratiquant démissionne et oublie la
suggestion dans une attitude confortable de l’isolement et de
l’indépendance. Il y reviendra peut être 10 ou 15 ans plus tard, s’il a la
chance de s’en souvenir ou la bonne fortune que le professeur veuille
bien le redire. Peut être à ce moment là n’était-il pas prêt tout
simplement à entendre cela.
Ainsi la mémoire s’affirme en atout.
Pourtant l’évolution, ne s’exprime pas toujours en terme
d’augmentation de nos succès.
Nous pourrions respecter nos échecs, trésors bien trop négligés.
L’émotion qui s’en dégage s’inscrit trop souvent en tragédie et elle
demeure longtemps comme une plaie virulente et poisseuse alors que
le revers, le déboire sert de moteur pour nous impliquer, nous aventurer
plus.

Point linéaire se déroule notre cheminement, ni la poursuite d’une
plus-value, d’un accroissement de nos scores, ou de résultats déjà
trop infectés, laissons cela aux idéologies de l’économie
consommatrice des gains à perpétuité. De toute façon, le temps rempli
de son impermanence se chargera bien de chambouler nos
programmations de stratégie du progrès. Merci à lui!

Depuis déjà trop longtemps, la terre souffre de cette idéologie trop
ancrée en nous. On pratique justement pour s’en détacher afin que
notre espace puisse se consacrer à sa mission primordiale. Nombreux
sont ceux qui refuseront cela, trop conditionnés, rigides et attachés
seulement à l’exotisme de l’étude.
Le glorieux va se situer dans l’ ardeur de la répétition, dans cette joie
vivante à trébucher, à se relever vaillant, hardi et intrépide.
Oui il nous faut pratiquer la voie, celle qui a bien voulu s’installer sur
notre chemin de vie. Et dans une grande attention, la regarder avec
gratitude de s’être mis en travers de ce chemin commun, stéréotypé et
sans issue.
Vous pourriez peut être dire un jour comme je le dis pour moi même :
« Elle m’a sauvé ! »

Cette piste, ce passage, naquit d’une passion instinctive. Nos maitres,
l’ont débroussaillée, explorée, réalisée parfois et nous l’offre
maintenant.

Remplie d’un cœur immense, centre spacieux des créativités aimantes
et d’une humanité réelle, visible et invisible, prenons la route, suivons
son sillage et fructifions-le en pratiquant encore et encore.
Elle se nomme, Vigilance, Engagement, Respect, Mémoire….
Ces qualités, fondement de la voie, imprègnent nos gestes. Le
processus se déroule construisant en nous peu à peu cet espace libre,
créatif et bientôt joyeux.

« L’échec est le fondement de la réussite »
                                                      Lao Tseu

La vigilance
Elle se répand autour de nous du dedans vers le pourtour en
traversant notre peau. Si le regard y contribue, il s’érige comme une
entrave, car celui-ci stagne les yeux morts, trop dépendants d’un
mental la plupart du temps rempli d’illusions et de croyances.
La vigilance, se construit par une avancée du dos que nous
emploierons au fil du temps à élargir. ( H i b i k i ) Ainsi de cette
sensation, l’intuition grandira.
Un pas, disions nous, un bel appui rempli de politesse et de
gentillesse. Le pied se déroule et si il n’est point encore ami de la terre,
sa plante en complice recevra cette nourriture que le sol dispense à
tous sans restriction. « la Plante » quel joli mot …. Un écho.…

Alors, la vigilance apparait, pointe, grandit, se manifeste par un regard
intérieur qui jaillit d’un silence instruit de lui-même, une ouverture libre
des apparences.

« La chute n’est pas un échec, l’échec
c’est de rester là où l’on est tombé »
                                             Socrate

L’engagement
Quelle belle audace, si tenace, se lever tous les matins comme un
soleil entreprenant et pouvoir sortir d’un confort agréable mais si
périlleux. Armé de courage, on dépose les choses trop bien éduquées,
prudentes et flatteuses.
Les grands artistes diffusent leur engagement dans leur œuvre qui
nous tirent dans le monde nourrissant de l’ imagination.
Ainsi nous nous frottons dans les mouvements de la pratique en nous
jetant dans ses règles et en améliorant leur vécu.
Sans jamais abdiquer il se teinte de tendresse avec l’âge tel un élixir de
jeunesse.

« Les échecs, c’est La pierre de touche de l’intelligence »
                                                                                  Goethe

Le respect
Dans le grand monde des Vertus, le respect possède une place
immense et privilégiée.
Noble dame, une Reine-Mère imprègne l’étude.
Sans Elle, sur un terrain tout plat, sans engagement, sans
dévouement, rien nous ne pousse vers des hauteurs insoupçonnées.
D’innombrables petites attentions s’ écoulent. Un mélange de
vigilance…de mémoire…de promptitude, de gratitude bondissante et
chaleureuse, où l’on se sent protecteur, innocemment protecteur,
désintéressé et aimant. Le respect prévoit, anticipe, jamais dans une
forme ni un apparat.
Le grand respect, l’immense respect deviendra cette présence à
chaque chose et chaque instant de nous même dans une révérence à
l’invisible, un hommage à l’insignifiant, toujours du coté de l’amour.
La capacité imaginative de se mettre à la place de quelqu’un et même
de pouvoir s’y glisser pudiquement comme un rai de lumière à la
tombée du jour. Cela devient une manière de vivre.

« Je ne perds jamais, soit je gagne soit j’apprends »
                                                           Nelson Mandela

La mémoire
Nous savons tous qu’avec l’âge, la mémoire décline. Notre monde
moderne abrite de plus en plus ces altérations du mental où les
empreintes s’effacent dans un désert de solitude.
Cultiver sa mémoire en appliquant encore et encore toutes les
instructions par une attention extrêmement pointue, sincère et surtout
sans y rajouter son analyse ou sa traduction

« Le succès c’est d’aller d’échecs en échecs sans perdre son
enthousiasme »

Humanité
Et quand la vieillesse s’abat inexorablement sur notre corps, nous
continuons à baigner dans la danse choisie.
Alors, dégageons sur notre entourage tout le flamboiement attentionné
d’une vie passionnée.

Que ta valse exaltée ne serve à rien
Que tes prières bercent les étoiles endormies
Que les grains d’or de ton chapelet
Fondent sous tes doigts ardents
Bouge emporté par l’admirable rêve éclos
Tourne comme un soleil, jamais levant, jamais couchant
Remplis toi, sans gloire aucune
Appelle et ne garde rien

                                                        Ourse Papillon

le respect

Une grande Humanité par un bref survol du respect…

Dans la sagesse populaire au Japon, il est néfaste pour un bébé que l’on parle de lui en sa présence, tout en l’ignorant.
En occident que de peines accumulées par le petit enfant qui se blinde devant ses parents alors que ceux-ci dévoilent à l’entourage les émotions intimes du bambin et cela en sa présence.
Les sketches humoristiques si en vogue de nos jours, se perdent souvent dans des vulgarités séduisantes car dans nos pays on aime à critiquer et affirmer nos raisons dans l’avidité à rire des autres.
La langue moderne avec ses profusions de « je » qui entament la phrase, favorise ces états d’effusion sans écouter. A la différence, quand le verbe conclue la tirade, on attend au moins que celle-ci se termine pour pouvoir y répondre.

Les grands clowns habillent de poésie leurs dérisions,
débarrassées des irrévérences.

Oui, le respect est dans le corps qui écoute, dans les yeux qui captent alors que l’on se tait autant dans sa tête que dans ses mots.
Il ne peut être un marchandage, car il embaume notre coeur, pour chaque chose
sur laquelle on pose notre regard, surtout quand l’objet regardé n’est point répertorié par la société ou le groupe comme respectable.

L’écoute est courtoise, attentionnée, parfois pieuse et fidèle, toujours donnante.
Le respect est une manière de vivre sans avidité.
C’est la façon que l’on a, de s’offrir sans attendre un retour.

La peur ne peut l’habiter et dans ce cas le détériore. Si parfois un peu de crainte teinte le regard perplexe, celle ci peut s’ajouter au mystère de la relation.

Quand le silence monte, les effluves attentionnées circulent
et les intervalles tranquilles relient

  yusen

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