Kyudo-La voie de l'Arc

LE FUBOKAN DE FRANCE

Catégorie : Le mot du jour Page 1 of 2

Automne

28 octobre 2020

AUTOMNE

L’Automne caresse  branches par branches et feuilles par feuilles, invitant avec délicatesse le ton de la saison. 

 Semblable à cet enfant prêt à naître, lové, à l’abri dans un giron chaud et douillet,  le lieu, le temps, ne suffisent  plus à de nouvelles révélations. L’espace intérieur se dissout peu à peu permettant la libération,  dédiée, promise, condamnée au mystère de l’existence et à un  destin inéluctable. 

Le nouveau né apparaît

Les feuilles des arbres  pétrifiées ces derniers temps, sous un soleil implacable, tremblent d’aise,  apaisées, sous la brise déjà fraiche chargée de bruine. Ce moment inespéré leur est accordé  en ces circonstances ou le bout de leur chemin se devine.  Pourtant partir en été n’est pas au programme.

 Elles reprennent des couleurs. Dans quelques temps, elles s’étaleront au pied des troncs en tapis vermeil, remplies, apaisées de  leurs belles teintes cramoisies  et nourriront d’aise la  terre jusqu’aux frondaisons prochaines. 

L’automne  survient et entame sa mission.

 Il est né en ces jours encore pesant de canicule. Le soleil dans sa courbe légèrement plus inclinée, influe sur le bleu du ciel et présage à  de nouvelles mutations. 

Mais il n’est point temps encore aux rougeoyantes parures, aux embrasements des forêts. Les tons, les tonalités changent, la sève se retirant imperceptiblement.          Les hirondelles ont largement sillonnées l’espace au dessus du petit bois. On ne les voit par ici que dans ces moments où le début de  l’automne semble descendre le long des pentes boisées. Elles virevoltent, sillonnant de leurs cris pointus le haut du val comme pour se montrer, s’appeler, danser l’ offrande à cet été désormais achevé.

 Elles vont soudainement disparaître.

 Je  guetterai dans quelques mois  leur vol au fond du vallon, frisant  les toits, inondant de leurs jets stridents et  joyeux le retour du fécond mois de  mai.

Rouge-gorges, pinsons, mésanges, retrouvent leur quartier d’hiver après quelques temps passés non loin de là, dans des lieux plus frais. Les merles dissipés surveillent et grattent sous  le grand kaki dont les gros fruits  pèsent déjà et tirent doucement aux tons murissants. Bientôt une longue fête  égaillera les branches chargées de lourdes et  charnues  pommes oranges  Les larges feuilles s’étaleront à ses pieds et ce sera la cavalcade des plumes noires, des cris d’alerte, les fruits s’offrant généreusement aux becs goulus.

 Le ton de la forêt est tout autre. 

Sous l’écorce des troncs des arbres, désormais l’écoulement montant a cessé, entamant comme un mouvement de retrait vers la terre et faisant son effet, imprégnant le pied en profondeur telle une griffe profonde et tendre. Quelques feuilles déjà asséchées, dans leur chute virevoltante accompagnent ce renversement.

 Ce  courant intérieur fait avec tant de simplicité, d’évidence,  d’innocence m’interroge et m’inspire  sur ce que mes ballades internes pourraient être. 

Le débarqué, l’enfant nu est  à tout son instant, parfait et pur. 

À la source  du printemps de son existence alors que l’automne apparaît,  imprégnant maintenant chaque parcelle de terre, chaque arbre, chaque créature, le nouveau né, déjà  se remplit lui aussi bien ingénument des confidences de la saison. 

Cela perdure encore, entraînant cette étrange et inexplicable mélancolie.  

 Les sols desséchés par l’été sont à nouveau gonflés  d’eau des dernières pluies et  contrastent avec l’ambiance du chaste retrait de la terre. 

Entre les bois restants, les champs labourés évoquent plus de grandes  plaies que les moissons à venir.  

L’automne fut orageux.

Des pluies drues, remplies de  grosses gouttes ont inondé le ciel, l’air,  gavant les ruisseaux, frottant la terre et les écorces, polissant galets et roches.

Le contour charnel des collines avoisinantes fut enchanté et se parera bientôt en offrande à ces eaux d’en haut, de ces teintes ambrées, chaleureuses, reconnaissantes et chaudes.

Les contrastes s’harmonisent et les modulations nous montrent à quel point le tout est créatif dans la grande ronde merveilleuse qui crée le flux. 

Tout arrive et tout disparait à l’instant de l’instant.

L’ ombre allongée au pied des arbres semble montrer le chemin à l’astre du matin. Il l’effacera dans son élan.

Une mince bande blanche diaphane comme un pli du ciel s’estompe peu à peu.

Une grosse mouche grésille encore et se retient à la vitre.

La grosse branche du frêne se penche vers moi. 

Mais ne suis-je pas juste entre elle et les crêtes pleines de soleil ?

Le jour grimpe le ciel et tout en haut le silence empaquette quelques croassements de corbeaux. 

Je pourrais disparaître à cet instant, rassuré et confiant.

L’automne est rond, de cette rotondité féconde. 

Autant le printemps se dresse avec fierté et insouciance,  autant la saison rouge révèle une  humilité  timide, une pudeur naissante. Et bientôt , les pensées choiront  d’elles même, laissant place à une nudité féconde et aimante.

Je me souviens, on nageait dans des amas de feuilles, riant et  aimant.

Déjà cette saison nous faisait naître l’un à l’autre. 

Imperceptiblement tout se ralentit. 

L’effort tant usé, accepte et lâche enfin dans un « soit » intuitif. 

Le oui s’érige, droit et fragile, comme un arbre regardant le ciel de ses bois déjà morts. Sa masse grise, pâle, presque blanche, diffuse et se répandra encore après le repos définitif de la sève. 

Les rouges, les ocres, sonnent en rondeur, ils sont le feu qui tout autour assemble. Cette flambée relate l’instant sans caprice ni sentence. 

Devises et  paroles tourbillonnent encore dans les volutes. 

Les regrets, les attentes  se consument.

C’est mon Automne. 

Il n’y a là encore, ni sagesse ni sainteté.

La phase présage à une grande vigilance, un choix, une option, une attirance, un abandon, un penchant privilégiant le simple.

Ne point se perdre, car les risques demeurent, tapis dans mes propres recoins.

Pourtant là, à fleur je mesure imperceptiblement déjà mon être serein et clair. 

Confiant autant que possible, nœuds par nœuds les attaches sont défaites, les projets se terminent  d’eux même et  il ne reste plus qu’ à savourer un déploiement dans la rondeur spiralée d’une onde légère. 

Désormais la seule audace  serait celle  du merveilleux, le débusquer, le laisser venir. 

Chaque matin les brumes se dissipent découvrant de nouveaux ocres dans les robes avoisinantes.

 Animal, la forêt  ondule au gré des pentes.

Il frémit d’aise sous la caresse des brouillards se dissipant et reçoit  les premiers rayons du jour né. 

S’abandonner semble être le maître d’œuvre.

Accueillir est une foi où tout s’agence dans les  embrouillements, les mixtures, les liens, les choix,  qui émanent de la grande ronde. 

Tout s’organise dans un chaos dont j’ignore encore l’expression ni la formule. 

Peut être que l’hiver dira, libéré de cette attente.

50 années d’engagement dans la voie de l’arc et de l’Aïkido m’ont conduit à  l’automne de ma pratique.

La saison ambiante m’a suggéré  cette introspection reposant sur l’ observation d’une nature complice et très présente. Dans nos pratiques l’automne représente une conscience toute particulière. Le printemps et l’été ont fait leur besogne,  puisse celle-ci  se révéler et m’indiquer le meilleur des chemins. 

Bernard

28 septembre 2020

Hommage et Lumière
Hommage est Lumière

La touffeur martèle sans partage. Elle se faufile dans les angles ombragés et  derrière les façades. Le feuillage plus fragile semble paralysé, retenu, alors que la branche pénètre sagement son intériorité. 
Les jeunes filles dans leur fraicheur, se pavanent, dépouillées et provocantes. Soucieuses de leur apparence, elles badinent dévoilant une légèreté calculée.
Les garçons de leur âge déambulent gauchement, tout à leur barbe clairsemée.
Les lumières intérieures sont bien là mais il semblerait que les réserves s’amenuisent irrémédiablement. 
Désormais les anciens adolescents ne vaquent plus.  Eteints, ils foncent de leurs épaules tendues, perchés sur leurs pensées de sentence.
Un  îlot lumineux et tranquille passe parfois sans que nul ne consente à lui tendre une attention. Sur le trottoir, le regard large sans rien saisir, ses pas sont  décidés, tranquilles et furtifs, Il s’avance comme pour se glisser entre des  gangues collantes et presque nauséabondes.
Un peu plus loin quand les arbres prennent encore le dessus sur les aménagements sans partage qui progressent de toute part, des présences lumineuses dansent  ici ou là, comme un appel pudique. Ces lieux tendus  et irradiants se nourrissent de l’abondante gratitude qui imprègne et respire encore dans chaque recoin indigène.
Il fut un temps de l’offrande à ces endroits. On y venait pour s’y reposer, prier, méditer, offrir. De jeunes couples se déclaraient leur amour et demandaient protection.
Des Esprits y résident encore. À  bien observer, ils semblent dormir. Bien sur quelques lézards, une petite famille de loirs, quelques oiseaux ont trouvé refuge,  ils s’y connaissent. 
Les hôtes, de par leurs très lointaines origines sont là et  agissent même parfois  à leur manière bien  différente  des nôtres. Chaque lieu a la sienne.  Ce langage est tout particulier et  nous est étranger, à moins qu’on écoute silencieusement, humblement. Il nous faudra un peu de temps, une attention répétée,  une ouverture, un sans rien.
Comme une rencontre fortuite qui en dira long.
On fait alors, acte de venir, de s’y pencher, de s’y incliner, de goûter, de s’ouvrir. Peu à peu, les craintes de part et d’autre s’estompent. 
Présents depuis que l’endroit s’est forgé, ces Mânes ont façonné le lieu. Elles s’y sont glissées,  devenues pierre, arbre, eau, lave, brume … montagne, mer. Autrefois,  elles étaient  déjà  des Êtres  avertis, participant et contribuant à la danse des étoiles. L’immense pureté de leur âme compose les grands paysages célèbres  que la nature nous offre. 
Désormais elles semblent assoupies dans une sage patience.  Elles expireront un jour de même que leur habitat pour se fondre à nouveau dans l’immense gratitude imprégnant le tout.
Ne pourrions nous pas quand nous déambulons ici ou là, nous tenir à l’écoute d’une telle coïncidence. Cela peut être un arbre, une roche, un bord de rivière, un arbuste coincé entre deux bâtiments en béton, une cascade, voire une personne. Nous reviendrons régulièrement visiter,  rendre hommage, faire plus ample connaissance et enfin sortir de ces visites guidées touristiques.
Désormais, les projets matérialistes de la vie de tous les jours ont tristement remplacé passion et émerveillement. La peur et l’avidité suintent. L’éclat des yeux, reflet de notre enthousiasme se ternit, devient fuyant et retenu ou  défiant et provocateur.
La beauté intérieure qui nous fut léguée à la naissance s’estompe, se raréfie, pâlit. 
On s’engage dans une pratique noble avec cet esprit de consommation à la mode. Elle ne dépendra plus que de nos envies, de nos humeurs.
« LA » soutenir comme un bien précieux pour le monde environnant est totalement absent et ne figure pas dans nos réflexions, nos intuitions. Eloignée de  nos idéaux, tout revient obsessionnellement à soi-même.
On pratique quelques années puis on quitte avec  désinvolture, on fait une pause, convaincu de son bon droit. Oui bien sûr, on peut être malade, blessé, triste, déçu, sans le sou, mais pourquoi se remplir de  cette émotion du moment qui passe et qui s’impose, prenant  le dessus en dictateur aveugle. 
Soutenir, être relié, guérit, nous élève et ainsi dansent et chantent nos lumières intérieures. Désormais tout est cloisonné ; famille, partenaire, travail, loisirs, les choses aimées et celles haïes. Organisés en tiroirs, on passe de l’un à l’autre jouant son rôle adapté au créneau choisi.
La gratitude lumineuse imprègne chaque parcelle de la nature et nous en sommes remplie. Elle ne peut se cantonner à une étiquette, à une politesse sociale, à une humeur ou à un marchandage. 
Alors quant on ne sait plus quoi dire, quant on ne sait plus comment partager, quand on est dans le doute, il nous reste toujours  le Merci remplissant nos yeux, notre poitrine  et nos dire.
Reconnaître cela, l’exprimer, demeure sans nul doute la transformation la plus édifiante que notre pratique peut nous offrir. 

Bernard

18 juillet 2020

Le mode « pause » pourrait être bien plus élargi.
surtout quand on communique aux amis pratiquants ou et au guide de la pratique. 

Les deux ne peuvent être mélangé et ce que l’on dit aux uns, amis pratiquants est une chose et ce que l’on peut exprimer au professeur en est une autre. 

Cela éviterait les phrases égrainées, lourdes de parties triées, élaborées, calculées. 

C’est tellement ancré dans les habitudes que la connexion avec ceux ou celui à qui on s’adresse est oubliée. L’écriture, c’est du domaine de  la parole et elle  pourrait reposer sur notre quête du Hanaré.

Bernard

27 juin 2020

Accepteriez vous que le mental n’est point conscience et qu’il est primordial de le reconnaître afin que le mental se mette sur le mode « pause »
BB

20 juin 2020

Il arrive souvent qu’on se range du côté des arguments du dernier ayant parlé. 
Drôle d’habitude ….
Mais, cela appliqué à notre pratique, rend celle-ci bien compliquée et tous les effets positifs sont largement amoindris. 
Car dans le Dojo, c’est très souvent  le pratiquant lui même suite aux interventions du professeur, qui  a le dernier mot. 
Une cacophonie silencieuse s’installe.  
Empêtré dans des habitudes à interpréter les directives,  l’étudiant compare,  juge, analyse et ainsi  se prive de la bonne  application et de cet état d’élève qui seul celui-là, permet d’avancer.
Tant que chacun ne réalisera pas l’immense importance  à remarquer  cela, la pratique ne donnera rien de ce qu’elle est en but de faire. 
Car une fois constaté, la porte est grande ouverte pour enfin changer cette manière de faire.

  • On fait sien de la marche à suivre et on s’assure que c’est bien cela qui est fait.
  • On se donne avec confiance et engouement.
  • On prend risque à appliquer « tout de Bon » 

Bernard

 

13 juin 2020

"Dès qu’on y met la main on y met de la force et la direction est incorrecte. 
Si on associe main / égo on peut dire sans trop se tromper que toute décision venant de l’égo serait une mauvaise décision".

Bernard

6 juin 2020

Notre dernière séance, samedi 6 juin.
Marie Annik, Yoran, Téodolina, Stéphane, Fabrice et Anita étaient présents.
Stéphane, Fabrice et Anita pour la première fois depuis les retrouvailles. 
Tous semblaient heureux de se retrouver au Kyudojo avec leur arc mais restant très pudiques sur ce sentiment. Peut être étaient-ils émus, me suis je dit. Idem en fin de séance !
Nous avons continué avec la même insistance et exclusivité simple d’ouvrir notre épaule droite. 
Pour parfaire cette étude nous avons tenté de garder l’axe des hanches et des épaules conforme à la ligne de connexion. 
Souvent un sentiment de désolation devant l’échec, a rempli le Dojo malgré mes plaisanteries qui aujourd’hui je trouve, furent bienveillantes, douces et sans acidité. 
Il m’en est venu alors cette impression que la plupart des pratiquants souhaite tout obtenir avec peu de  travail ou un minimum d’investissement. 
Qui pourrait dire cela chez les artistes avec tout le talent qu’ils possèdent. 
Et même si ce talent reste rare chez les pratiquants,  il peut être remplacé par cet engagement à l’arc qui nous remplit de joie, dès qu’on est avec Lui. 

Bernard

30 mai 2020

Nouvelle séance samedi toujours en petit comité. 

Michel, Pascal, Marco et Korine, chacun sur la même cible.

La séance fut remplie de nombreuse flèches. Entre 4 cibles et un Makiwara, notre étude porta essentiellement sur l’ouverture de l’épaule droite. Chacun s’y engagea avec attention.
Je remarquai alors que quand ce côté droit devenait plus relâché, plus ouvert, la flèche se dégageait avec promptitude et volait instantanément vers la cible, l’angoisse de toucher ou de ne point toucher étant moins pesante, moins contraignante. Et même parfois une légère surprise traversait les yeux à l’instant où l’impact dans le papier se faisait entendre. « mais comment est ce possible, je n’ai rien fait que de tenter de m’ouvrir …. »  
Puis nous avons travaillé au jardin. Frédéric nous a rejoint et un peu après Sean.
Nous avons, en transformant l’allée des flèches, ouvert plus d’espace sur la lanterne. 
Le jardin reprend peu à peu une allure plus civilisé. Encore beaucoup de travail est nécessaire pour embellir notre cocon de pratique.

A bientôt donc samedi prochain et  ne manquez pas d’être présent le mardi car tel est l’esprit qui désormais habite ce lieu.

Bernard

24 mai 2020

Bien chers Compagnons pratiquants

Nos séances ont repris et j’en suis fort content. Certes en groupe restreint et dans une grande vigilance de comportement dans la situation actuelle.  Chacun était un peu tendu dans ces nouvelles attitudes peu habituelles.

Les convenances relationnelles d’éthique  s’en sont retrouvées au stricte minimum d’expression. 

Notre pratique nous enseigne continuellement que la voie est justement dans chaque situation qui s’offre à nous, que c’est une chance où nous pouvons expérimenter autres choses que nos habitudes encrées et astreignantes. 

Chaque flèche est unique et nous pouvons choisir d’honorer comme il se doit l’espace  merveilleux dans lequel elle vit. Je remarque que le ralliement est tout autre et c’est justement celà qui entrave la vivacité joyeuse du tir. Le conseil reçu s’en trouve infecté, car on se maintient dans le fait que la correction ne doit avoir qu’un seule objectif, celui  de faire atteindre la cible. 

 La séance du mardi reste encore très peu fréquentée et je le déplore fortement. 

Pourtant cette séance est essentielle au cheminement que notre pratique exige. Les corrections reçues le samedi peuvent être célébrées, expérimentées, appréciées, dans un keiko où le maître qui est en chacun trouve sa place ainsi que  l’acte qui en découle. 

Toute apparence de réussite est un leurre. Le joie de pratiquer, de ne point encore aboutir,  d’être bien  campé sur ses jambes, la poitrine ouverte,les épaules cherchant à se  dégager,  les hanches généreuses, le sommet du crane visant le ciel, tout celà inventant la présence généreuse, offerte à son entourage, voilà qui est la voie de l’arc que je souhaite inventer à chaque séance avec votre appui, votre soutien, votre collaboration, sous votre ombre, dans vos bras, dans vos coeurs.

Bernard

4 mai 2020

Silence 

Les bruits annoncés de mon entourage pèsent. 

Alors j’écoute les arbres, j’écoute un arbre et sa présence semble grandir. Il invite tout naturellement mon silence.

Il me semble que la forêt  ouvre cette suspension, cette nature quand on s’y promène ou même quand on l’évoque. 

 Discrétion dans la chair écoutant les verts  qui ondulent et les écorces plissées en épidermes….

Mes efforts, mes souhaits de silence disparaissent devant cette plénitude qui m’assaillit et  que les arbres font jaillir en moi.

A l’Evidence, c’est si facile. Je n’avais rien voulu, rien souhaité. 

 Il est vrai que les arbres ont multiple langage, le silence est l’un d’eux. N’est il pas aussi le langage du divin. 

Il y a bien un arbre, une pierre, une montagne, un coin de ciel, un rayon de soleil, un nuage, une averse ou même une bonne pluie drue. Avec ces éléments la connexion n’est pas si difficile. On la fait et refait sans trop en décrire les sensations, juste découvrir le silence qui peu à peu devient plus profond et plus profond comme un sans fin. 

De ce moment vécu je peux aussi aller me coller à une personne, un ami, un groupe, un maître. Le silence qui en découle fait éclater juste  la chaleur, peut être  la lumière remplissant le partage. 

Je me garde de tout autre sensation, restant  perché, planté, ancré, sur ce pont chaud et clair. 

bernard

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