Kyudo-La voie de l'Arc

LE FUBOKAN DE FRANCE

Catégorie : Le mot du jour Page 1 of 3

Humilité

Humilité savoir dire OUI savoir dire NON

Le grand compositeur Mendelssohn se trouva le jour de concert qu’il devait diriger, bien dépourvu, quant il s’aperçût de l’oubli de sa partition. Bien qu’il sut chaque note par cœur de l’œuvre à interpréter, il s’en trouva fort embarrassé. Pour lui, il n’était pas acceptable, ni respectueux devant l’auteur, les musiciens et le public qu’il n’y ait point de partition. Il résolu son problème ....mais là est une autre histoire.

Comme en musique, nous avons nous aussi une partition à suivre fidèlement. Et il nous faudra la servir sans ajout ni omission.

C’est par cette fidèle attention que nous pourrons accéder à cette partie profonde de nous même et se hisser à la hauteur du chef d’œuvre. Les Anciens, le Fondateur, ces personnes éclairées ou qui s’étaient vouées à le devenir, ont élaboré le contenu de la pratique afin que, par leur immense générosité, nous puissions nous aussi accéder à ce corps de lumière qui pour le moment sommeille en nous.
Nous devons connaître ce qu’il faut faire sans pouvoir encore y accéder. C’est une porte. Cette connaissance reconnue, cet apprentissage va se dérouler sur quelques années, disons environ 7 ans d’une pratique régulière et sincère. Une fois ce laps de temps écoulé et cet acquis reçu, reconnu, l’accès nous est permis. La porte franchie, le cheminement peut commencer.

La mission s’étale sur 3 plans incontournables, complètement liés, cela dans une régularité vigilante.

La partie Esprit : émotion, engagement, sincérité, attention ...

La partie Corps : placement, sensation, relâchement, attention ...
La partie Cœur : ouverture, expansion, attention ...

On écoute on regarde, on applique
L’enseignement construit son édifice.

Peu à peu la pratique entre dans notre vie en tout premier plan, éclairant
notre famille, notre travail, pour leur plus grand bien.

L’intuition, la force à dire oui à certaines choses et non à d’autres, façonnent quelque chose en nous. Ainsi le mouvement dans une globalité pétillante est une allégeance, une humilité et même si ce n’est point réussi, le déploiement est là. On pourra remarquer que cette présence-déploiement assure nos premiers progrès.
 Nous avons alors le courage du NON devant nos pulsions stéréotypées, trop personnelles, trop désirantes, trop comparatives, trop plaignantes. Non à tous ce fatras de douleurs qui entravent la Vie. Ce « refus » n’est pas un antagonisme, encore moins une guerre, il est un débat avec soi même qui nous invite à sortir de cette dictature intérieure.

Le courage du Oui peut s’installer, audace où l’on se coule dans cette mémoire dictée afin qu’elle découvre la mémoire innée.

Et bien plus que cela !

Le monde est actuellement perdu dans des réponses aberrantes, contribuant à l’endormissement nécrosé de chacun.

Les situations sont subies, acceptées et les réponses données nous sont dictées, imposées. Nous sommes asservis, réduis, soumis... remplis de peur et d’anxiété. La confiance instinctive a disparu.
Pourtant tout est là dans notre étude. Le réveil dégagé des peurs est le cadeau qui attend. Il est dans la répétition consciente de la ligne de conduite de la pratique. Ce « polissage » conduit à la rencontre avec cette partie de nous même qui sait, qui n’apprend pas, qui trouve, qui ne cherche plus. On se mêle, se connecte, on oublie l’inutile et on commence à toucher, à aborder, à connecter, à être.

OUI, nous avons là en chacun de nous, une zone profonde qui possède ce qu’il faut cueillir et ce qu’il faut écarter.

Mais encore bien plus que cela !

Un puits de lumière est dans notre pratique, il nous relie, nous protège des peurs incessantes qui nous sont imposées et surtout qu’on s’inflige. 

Cette lumière vive nous connecte à la nature.

Laissons nous faire, accepter et dire à cela : oui oui merci !

Sans plus attendre, il y a urgence à quitter définitivement l’indépendance.

C’est là que résident nos conflits, nos peines, nos souffrances.
C’est là que résident nos personnalités : une marque de fabrique.
C’est là que réside tout ce que nous ne sommes pas.

Notre pratique est interdépendance. Que n’avons nous entendu :

Se coller / Droite-Gauche / Ensemble / Soutenir / Vent / Centre / Ventre / Poitrine / Dos / Ciel / Terre. ........ Des mots magiques.
Tout cela rythme continuellement nos séances et la plus part du temps, tout s’évanouit dans un égo à toute épreuve.

En cette nouvelle année apportons d’autres réalités, une nouvelle manière de faire, de se comporter, de réfléchir, d’agir. Celles induites par notre pratique.

Apporte toi       Apporte Nous.     Apporte moi

Bernard

 

SURPRISE

Surprise,

À l’orée d’un nouvel âge, je guette l’invisible dans les voies montantes et choisies. Cheminement dont la nature du haut est hors de portée de mon regard. Ainsi la surprise remplit l’air ambiant et nourrit la marche lente, trop lente mais remplie d’espoir.
L’étonnement est une manière bien charmante de voyager, appréhender l’instant qui nous borde et nous attend. Cela à chaque pas à chaque détour du chemin.
La rencontre peut être ainsi un éblouissement, l’ embûche un apprentissage, le guet-apens un choix.
Les quelques particularités en perdition qui se présentent, ravivent notre attention. Nous les effleurerons en voyageur pudique sans y toucher. Oui les diversités à préserver décroissent, les modes s’accroissent, le nivellement est en marche, les mots s’appauvrissent.
Cette nuit, la lune montante se remplit de soleil. Elle resplendira bientôt dans sa plénitude toute en lumière inondant son ciel. Puis dans l’ombre du petit matin, une fois sa forme basculant dans un autre arrière, Orion apparait et peut resplendir au sud du sud. La constellation matinale considère mon attention. L’une et l’autre se nourrissent, se révèlent.
Un soleil amoureux viendra peu à peu se montrer. Il caresse effleure les alentours et les contours, fait naître l’aurore. De son regard matinal encore tendre, l’astre se penche comme sans voir, juste sentir, pressentir avant d’embraser d’un long baiser de lumière, la journée vivante.
Tout là-bas les pins ne dorment pas. Ont ils dormi d’ailleurs ? Ils sont remplis de nuit et dégagent leurs effluves au petit matin sombre.
Les pétillements joyeux des oiseaux un peu saouls de l’éther offert, s’en repaissent et ce tout parfume les alentours. Oh se réveiller déjà enivré de vie ...
Être surpris, la sensation fait éclore le mouvement, sa mobilité devient intuition et l’incident alarme l’instant présent.
Tout est là dans cette simplicité étonnante. Ni intelligence ni imitation ni calcul.
Imagine, devine, ressent, vertus immensément féminines créant le nouveau monde de l’instant. Invente à chaque pas dans un regard brillant. Rêve le beau et fait le Tien.

Bernard

Rendez-Vous

Une pleine lune, l’Automne, un nouveau Dojo, des anciens qui s’activent généreusement, d’autres qui disparaissent sans le mot, ainsi va.

« Rendez-Vous » voilà une bien jolie formule qui semble disparaître ainsi que son sens. Il fut un temps on parlait plus de Rendez-Vous galant, de Rendez-vous amoureux mais aussi tout proche, le : se rendre, acte de paix plus que de défaite.

En Aikido on dépose son hallebarde en signe d’arrêt du combat.
Au Kyudo, on s’écarte des manigances de la réussite et le coeur invite à la manière de nous en acquitter.
Là encore tout est à faire tout est à construire, tant les habitudes sont tenaces, tant les motivations sont handicapées par de vaines tendances.

Cette formule de rencontre ne s’emploie plus guère que dans les affaires. Pourtant quelle belle expression appliquée à nos pratiques ou à notre manière de vivre, car c’est avec soi-même qu’on est convié.

Notre monde moderne est organisé ainsi ; on débute quelque chose vers septembre, on planifie, organise, on dit qu’on va faire cela ou cela avec même un peu d’euphorie qui s’installe... Et on prend des résolutions qui ne seront presque jamais tenues et comme on dit dans la chanson : « que je suis triste et stupide »... Certains la reconnaîtrons...

Cette année deux nouvelles rencontres vont aiguiller nos chemins de pratiques. Nous avons quitté le Dojo rue Belle Paule, célébrant ce passage par un fort beau moment d’exposition et avons quitté sans le regret.
Ce lieu nous servit pendant 25 années abritant nos entrainements mais aussi de beaux épisodes.
Souvenez vous :
*Les démonstrations de calligraphie avec Tomomi Kurihara.
* Les concerts de bols chantants avec Tomo ( belle histoire en hommage à cet artisan disparu dans le Tsunami de Fukushima),
*Les enseignements de Sasaki Sensei accompagné de Tazuko son épouse, *Et aussi par deux fois les moines tibétains purifiaient le Dojo de leurs magnifiques Mandala.
* Les reliques boudhistes accueillirent plus de 1000 personnes en quelques jours. * Aussi Mercedes et son théâtre de marionnettes merveilleuses ravissaient grands et tout petits.
Il m’était à coeur au fil de mes rencontres d’inviter des artistes remplis de sincérité artistique et ainsi éclairer notre Dojo.
Ce lieu peu à peu se chargeait d’un sentiment tout particulier. Les visiteurs ne manquaient pas de le souligner. Pourtant rien de spécial dans cet endroit, bien au contraire, un vieux garage noire et malpropre, imprégné de l’ambiance des ambulances qui y stationnaient et cela dans une rue banale.
Le Dojo une fois installé, s’éclaira au fur et à mesure avec ce qu’il s’y passait. Rendez vous de pratique régulière, Rendez vous de moments artistiques, Rendez vous d’instants remplies de religiosité.
Oui des moments décidés, attrapés, tenus, soudains et imprévus, demeurent un trésor. Le Keiko* est aussi cela, une fortune, un ferment et mes professeurs ne manquaient pas de le dire. Il s’agit pour nous de les saisir en plein vol. Ainsi après de longue années, n’ayant encore point abouti dans ma quête, je le constate avec gratitude . Pratiquez régulièrement, se conformer aux règles de celle -ci, cheminer ainsi avec régularité, faisant peu à peu passer le Choix avant ses loisirs, cela est la voie.
Et rien de spectaculaire dans ce fait, car tout se passe, se construit dans l’invisible.
Cette année un nouveau Dojo nous accueille. Cette rencontre a jailli bien mystérieusement et je suis plein de reconnaissance envers ce qui a traversé mon chemin. Je vais tâcher d’y oeuvrer pour moi et pour mes compagnons de route. L’un ne va pas sans l’autre.
Aussi à deux grands pas de Toulouse, le Dojo du Laurier qui a éclos dans son milieu tout particulier.
Ces nouveaux endroits sont déjà lumineux. Ils vont nous inviter à approfondir nos pratiques avec application.
Tout n’est que Rendez Vous. Il y en a qui passent l’air de rien, comme une brise légère, mais tellement puissante.
Tout n’est que Rendez-Vous. La montagne que l’on arpente, le torrent et ses eaux claires et joyeuses, l’océan et ses vagues dangereuses, le regard d’un enfant, un conseil, un regard, une attention, un silence, un enseignement...
Vivons les pleinement afin que le dernier soit sans regret.

Bernard

* Keiko : entrainement

 

choix

« Souvent qui choisit prend le pire. »
                                                          Corneille

Nos choix sont remplis de confusions.
Ils reflètent un individualisme dérisoire et catastrophique.


Pourtant un Choix primordiale est déjà ancré.
L’acceptation, semble enfin la page à écrire, le réel accosté, la noyade salvatrice.
Ne plus posséder le choix devient alors un instinct, une liberté, une responsabilité, un élan.

Surgis souvent dans la palette des mots exprimés, une ambiance pâteuse quant à nos engagements. Un certain désarrois flotte.
A
uto-gérer les actions prochaines devient difficile. Lesprit confus penche dans des hésitations aux allures intelligentes et libres. On se laisse balloter et du coup, lune comme lautre de la décision de dernier moment est sans enthousiasme ni feu sacré.
Bien sûr un empêchement inattendu peut arriver, alors il sera toujours temps de s
y adapter. Mais on en est point là, donc perte d’énergie dy consacrer cogitations et analyses stériles.
C
est cela même qui peut amener un empêchement de dernière minute.
Laissez le plus possible toutes les pensées de pour ou contre qui ne sont que confusions, oppositions, dualités, séparant le Vrai et le Faire.
Alors on se réjouit quelque soit la résolution.
Notre futur est programmé dans la répétition de nos histoires malheureuses sans fin par manque justement de cette Décision non calculée qui porte, qui remplit et réjouit à l
instant où on ÇA décide.

                                                                                                    Bernard juillet 2021

Moutons

Il fut un temps où l’âne solitaire m’inspira quelques réflexions sur les enseignants souvent plus gouteux de leur pouvoir illusoire que des investigations toutes intérieures que pourraient suggérer leur pratique.

Le mouton aussi, noble animal, pourrait par son troupeau figurer l'ensemble des pratiquants peu scrupuleux quand ils s’engagent dans une pratique. Ils font régulièrement le mauvais choix, celui des apparences et des superficialités exotiques et spirituelles. Et l’on pratique, on agit, on pense, au fil de ses intérêts du moment qui ne sont que des ambiances stéréotypées, dictées et imposées à notre insus.
Comme autrefois avec l’âne, je prie l’ auguste broutard, de pardonner cet écart que j’utilise à son sujet.
Ainsi, pratiquants, enseignants, dirigeants, peuple, gouvernants, élus se fondent et construisent un amas insipide et médiocre. Tous les systèmes sociaux construits jusqu’à lors, semblent s’opposer au coeur authentique de l’Homme.
Le monde nature se tord, les guerres sont à nos portes et menacent insidieusement. Tout est combattu, avec la peur au ventre et un égocentrisme à toute épreuve. Les moutons marchent en rang, tous persuadés du droit légitime à l’individualité.
Nous sommes au plus haut point de l’aveuglement.

Le mouton se transformant en lion comme la carpe en dragon ne figure pas au programme. Les stratégies sont toutes autres, elles se nomment argent, carrières, vacances, loisirs, pouvoir ...

Quand on rentre sincèrement dans une pratique, c’est justement pour perdre ce pouvoir superficiel et rejoindre nos capacités, la souveraineté qui nous habite, notre royaume.

Le pratiquant, le maitre sont des guerriers.

Tous les outils qui sont enseignés nous invitent à nous enfoncer dans les profondeurs de notre coeur et voir enfin ce qui pourrait s’y dissimuler.

Remporter la victoire c’est défaire le désir de compétition dans sa propre conscience. De nombreux conflits nous habitent, le faire bien et celui que l’on fait, ce que l’on voudrait dire et ce que l’on dit, nos habitudes et nos
modèles... Apaisons les affrontements qui se bousculent. Ces collisions constantes génèrent pensées, jugement, déception, attente... une très grande perte d’énergie ! Non seulement la bousculade intérieure ne suffit pas, mais nous l’étendons à notre entourage. Certains silences déguisés deviennent des vents contenus, vents de folies et de conflits.
Nous sommes des guerriers et le soi-disant échec est un trésor, une porte à notre coeur. Rester debout et droit et jusqu’à l’ultime instant, demeurer debout et droit.

Souvent les « faires » sont maladroits, avec erreurs ou simplement dans un manque de pratique, mais une innocence, une générosité, un élan, un vent, un don émerge et rend l’évènement d’une beauté incroyable et bouleversante.
Les enfants ont cette capacité.

J’eus le privilège de rencontrer un jour quelques instants un archer dont le visage était défiguré, probablement un accident grave. J’avais du mal à le regarder en face tant la souffrance de ses traits me gênaient. A l’instant où il tira, son visage défiguré m’apparut soudain d’une beauté incroyable, j’en fus très ému et je le remerciais en silence d’avoir montré et dévoilé son coeur admirable.

Oui nous sommes des guerriers !
Bernard

La parole au corps

« Heureux celui qui au matin, pour lancer sa journée, a sous les yeux non seulement des images belles, mais des images fortes »
Bachelard

Nous nous retrouvons désormais régulièrement avec cet outil que peut être internet. Zoom nous relie dans des séances bienfaitrices comme un appel d’air réconfortant et guidant. (Mes propres mots offerts me conduisent et me remplissent et cela grâce à vous) Nous nous retrouvons aussi autour de petits textes ou de petits films vivifiants. Nos messages vont et viennent et nos habitudes de communicants n’évoluent guère.
Soyez plus enthousiastes, vos yeux s’allument parce que vous regardez quand vous vous exprimez. Soyez heureux de partager plus que ce que vous partagez. Ne vous retenez pas et ne jugez pas ce que vous dites. Laissez jaillir vos paroles sans les préméditer. Décidez de dire et non point ce que vous voulez dire, alors ça remonte.
Nous voyons beaucoup de choses ici ou là, elles sont étonnantes et souvent elles glissent sur nous sans vraiment nous toucher. Alors des commentaires habituels jalonnent nos conversations dans des :
« Ils ont dit que ..... » ils ont montré que..... »

Réveillons nous, prenons un peu de risque.

Une belle phrase, un beau texte .... lisons le en le ressentant physiquement comme si les mots pénétraient notre corps, notre poitrine, bien au-delà de leur sens.
Regardons cette satisfaction toute intellectuelle où la force des mots patauge en surface sans agir dans nos coeurs.
Dans ce cas on dit à ce sujet : « je suis d’accord, c’est intéressant .... »
Ainsi nous sommes fermés en supposant le contraire. Nous nous mettons à égalité.
Nous avons des pratiques qui invitent notre corps, notre esprit, notre coeur à se nettoyer des habitudes. Nous sommes régulièrement invités à observer ce qu’il peut se passer en nous. Nous sommes invités à l’exprimer, à le partager dans un geste ( nos pratiques ) ou dans quelques mots chargés de sincérité, d’élan.

« La parole ne se communique pas comme une valeur marchande. Elle se transforme, elle passe et elle se donne. Vivante de l’un à l’autre, la parole est un fluide, elle passe entre nous comme une onde et se transforme de nous avoir traversée. »
Novarina

« Pour être heureux, il faut penser au bonheur des autres »

« Nous sommes réunis dans l’instemps parlé. La parole nous a été donné non pour parler mais pour entendre. »
Novarina

Alors... écoutons, lisons et regardons dans la résonance de notre corps, dans le silence qui ouvre à la vérité du recevoir. A cet instant laissons les commentaires et l’imagination se fait chair, remontante et créant la parole.

Ces sensations à l’écoute peuvent être perçues au ventre, à la poitrine, au dos comme cela pourrait vous convenir, mais le ventre reste la valeur sûre.
Le feu du ventre écoute, aime, devine, transforme, guérit.
Demandez à votre ventre et imaginez la réponse remontante.

« Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton »
Bachelard

Détournez vous des choses, des rapports, des conversations inutiles, où la force des mots perdent leur sens, détournez vous sans les rejeter en les observant avec bienveillance.

Avec la pratique et cette vigilance, les changements se font sentir.

Quelques signes :
• La perte d’intérêt à juger les autres
• La perte d’intérêt à se juger soi même
• La perte d’intérêt au conflit
• La perte d’intérêt aux soucis
• Des sourires fréquents venant du coeur et passant par le regard
• La sensation d’être en communion avec les autres et la nature
• De fréquents et insurmontables épisodes de reconnaissance
• La tendance croissante à laisser les évènements arriver plutôt qu’à les provoquer • La sensibilité à aimer les autres et l’envie incontrôlable et croissante de la partager

Tout ce que je viens de partager avec vous est mon étude, ma quête, le prolongement des enseignements que j’ai reçus et de la compréhension que j’en ai actuellement.
Ce que je propose est exactement ce que je fais avec et pour moi.

Mais aussi il y a un point dont vous n’avez pas la charge qui est celui du choix de guider. Cela est un apprentissage, une décision, un chemin intimement relié au premier.
Je cherche comment guider et j’expérimente avec tous les outils de mon corps, coeur, esprit. Car je souhaite que cela soit bon pour vous comme pour moi.

Bernard

nouvel an

Quelques échanges lumineux ont traversé notre confinement de printemps. Nous les avons rassemblés en un feuillet.
Marie Elisabeth et Linda ont oeuvré généreusement à sa confection.
Ces mots , ces dessins, ces photos, ces peintures nous ont collés et confortent que toute séparation n’est qu’illusoire.

Puis suivra les échanges que nous avons eu cet automne après les 3 vidéos de Rimpoché « je ne suis personne »
Si vous souhaitez avoir ce feuillet dites le nous. Nous vous l’enverrons, une modique contribution sera donné pour cela, elle ira au Dojo du Laurier.
Cela pourra soutenir la fin des travaux.

Sasaki Sensei me disait dernièrement que la pratique du BUDO
(AIKIDO KYUDO) c’est aussi d’être seul. Voilà un nouveau paradoxe.

Bien sur nous ne parlons pas de toutes les dérives individualistes qu’une réflexion superficielle pourrait immanquablement faire surgir.
Que pourrait vouloir dire, afin de nous faire grandir,
une telle affirmation ?

Soyons pragmatiques, une qualité qui ne manque pas de se faire remarquer chez l’Aikidoka ou le Kyudoka qui n’a pas oublié les bases.
Il est vrai nous avons une quête, un idéal très fort qui ne pourrait se réaliser qu’avec les pieds bien ancrés sur terre.

Cette attitude concrète mixte, et la pratique formelle dans le Dojo sous la direction du maître et la pratique formelle que l’on peut faire seul en dehors du Dojo chez soi. ( méditation, répéter les waza tout seul, apprendre à marcher, faire le geste du tir rempli de la conscience des bases ...avoir réflexion sur le sens de la gestuelle, les échanges entre pratiquants sur ces sens et ressentis ... puis le partage avec le professeur, les questions posées ... )

Dans cette situation vous êtes le maître des bases
qui surveille l’élève que vous êtes.

Et le troisième volet, la pratique informelle, qui englobe les attitudes de notre vie liées au travail, aux relations amicales ou familiales, aux loisirs, qui ne doivent pas rentrer en contradiction avec les règles de la pratique.
Préparez vous à une nouvelle année pleine de surprise, de transformation, de créativité, de générosité, d’élan et d’allant.

Bernard

AUTOMNE

L’Automne caresse  branches par branches et feuilles par feuilles, invitant avec délicatesse le ton de la saison. 

 Semblable à cet enfant prêt à naître, lové, à l’abri dans un giron chaud et douillet,  le lieu, le temps, ne suffisent  plus à de nouvelles révélations. L’espace intérieur se dissout peu à peu permettant la libération,  dédiée, promise, condamnée au mystère de l’existence et à un  destin inéluctable. 
Le nouveau né apparaît

Les feuilles des arbres  pétrifiées ces derniers temps, sous un soleil implacable, tremblent d’aise,  apaisées, sous la brise déjà fraiche chargée de bruine. Ce moment inespéré leur est accordé  en ces circonstances ou le bout de leur chemin se devine.  Pourtant partir en été n’est pas au programme.
Elles reprennent des couleurs. Dans quelques temps, elles s’étaleront au pied des troncs en tapis vermeil, remplies, apaisées de  leurs belles teintes cramoisies  et nourriront d’aise la  terre jusqu’aux frondaisons prochaines. 
L’automne  survient et entame sa mission.

 Il est né en ces jours encore pesant de canicule. Le soleil dans sa courbe légèrement plus inclinée, influe sur le bleu du ciel et présage à  de nouvelles mutations. 
Mais il n’est point temps encore aux rougeoyantes parures, aux embrasements des forêts. Les tons, les tonalités changent, la sève se retirant imperceptiblement.          Les hirondelles ont largement sillonnées l’espace au dessus du petit bois. On ne les voit par ici que dans ces moments où le début de  l’automne semble descendre le long des pentes boisées. Elles virevoltent, sillonnant de leurs cris pointus le haut du val comme pour se montrer, s’appeler, danser l’ offrande à cet été désormais achevé.
 Elles vont soudainement disparaître.

 Je  guetterai dans quelques mois  leur vol au fond du vallon, frisant  les toits, inondant de leurs jets stridents et  joyeux le retour du fécond mois de  mai.
Rouge-gorges, pinsons, mésanges, retrouvent leur quartier d’hiver après quelques temps passés non loin de là, dans des lieux plus frais. Les merles dissipés surveillent et grattent sous  le grand kaki dont les gros fruits  pèsent déjà et tirent doucement aux tons mûrissants. Bientôt une longue fête  égaillera les branches chargées de lourdes et  charnues  pommes oranges  Les larges feuilles s’étaleront à ses pieds et ce sera la cavalcade des plumes noires, des cris d’alerte, les fruits s’offrant généreusement aux becs goulus.

 Le ton de la forêt est tout autre. 
Sous l’écorce des troncs des arbres, désormais l’écoulement montant a cessé, entamant comme un mouvement de retrait vers la terre et faisant son effet, imprégnant le pied en profondeur telle une griffe profonde et tendre. Quelques feuilles déjà asséchées, dans leur chute virevoltante accompagnent ce renversement.
Ce  courant intérieur fait avec tant de simplicité, d’évidence,  d’innocence m’interroge et m’inspire  sur ce que mes ballades internes pourraient être. 

Le débarqué, l’enfant nu est  à tout son instant, parfait et pur. 
À la source  du printemps de son existence alors que l’automne apparaît,  imprégnant maintenant chaque parcelle de terre, chaque arbre, chaque créature, le nouveau né, déjà  se remplit lui aussi bien ingénument des confidences de la saison. 
Cela perdure encore, entraînant cette étrange et inexplicable mélancolie.  
Les sols desséchés par l’été sont à nouveau gonflés  d’eau des dernières pluies et  contrastent avec l’ambiance du chaste retrait de la terre. 
Entre les bois restants, les champs labourés évoquent plus de grandes  plaies que les moissons à venir.  

L’automne fut orageux.
Des pluies drues, remplies de  grosses gouttes ont inondé le ciel, l’air,  gavant les ruisseaux, frottant la terre et les écorces, polissant galets et roches.
Le contour charnel des collines avoisinantes fut enchanté et se parera bientôt en offrande à ces eaux d’en haut, de ces teintes ambrées, chaleureuses, reconnaissantes et chaudes.
Les contrastes s’harmonisent et les modulations nous montrent à quel point le tout est créatif dans la grande ronde merveilleuse qui crée le flux. 

Tout arrive et tout disparait à l’instant de l’instant.
L’ ombre allongée au pied des arbres semble montrer le chemin à l’astre du matin. Il l’effacera dans son élan.
Une mince bande blanche diaphane comme un pli du ciel s’estompe peu à peu.
Une grosse mouche grésille encore et se retient à la vitre.
La grosse branche du frêne se penche vers moi. 
Mais ne suis-je pas juste entre elle et les crêtes pleines de soleil ?
Le jour grimpe le ciel et tout en haut le silence empaquette quelques croassements de corbeaux. 
Je pourrais disparaître à cet instant, rassuré et confiant.

L’automne est rond, de cette rotondité féconde. 
Autant le printemps se dresse avec fierté et insouciance,  autant la saison rouge révèle une  humilité  timide, une pudeur naissante. Et bientôt , les pensées choiront  d’elles même, laissant place à une nudité féconde et aimante.

Je me souviens, on nageait dans des amas de feuilles, riant et  aimant.
Déjà cette saison nous faisait naître l’un à l’autre. 

Imperceptiblement tout se ralentit. 
L’effort tant usé, accepte et lâche enfin dans un « soit » intuitif. 
Le oui s’érige, droit et fragile, comme un arbre regardant le ciel de ses bois déjà morts. Sa masse grise, pâle, presque blanche, diffuse et se répandra encore après le repos définitif de la sève. 

Les rouges, les ocres, sonnent en rondeur, ils sont le feu qui tout autour assemble. Cette flambée relate l’instant sans caprice ni sentence. 
Devises et  paroles tourbillonnent encore dans les volutes. 
Les regrets, les attentes  se consument.

C’est mon Automne. 
Il n’y a là encore, ni sagesse ni sainteté.
La phase présage à une grande vigilance, un choix, une option, une attirance, un abandon, un penchant privilégiant le simple.
Ne point se perdre, car les risques demeurent, tapis dans mes propres recoins.
Pourtant là, à fleur je mesure imperceptiblement déjà mon être serein et clair. 
Confiant autant que possible, nœuds par nœuds les attaches sont défaites, les projets se terminent  d’eux même et  il ne reste plus qu’ à savourer un déploiement dans la rondeur spiralée d’une onde légère. 

Désormais la seule audace  serait celle  du merveilleux, le débusquer, le laisser venir. 
Chaque matin les brumes se dissipent découvrant de nouveaux ocres dans les robes avoisinantes.
Animal, la forêt  ondule au gré des pentes.
Il frémit d’aise sous la caresse des brouillards se dissipant et reçoit  les premiers rayons du jour né. 

S’abandonner semble être le maître d’œuvre.
Accueillir est une foi où tout s’agence dans les  embrouillements, les mixtures, les liens, les choix,  qui émanent de la grande ronde. 
Tout s’organise dans un chaos dont j’ignore encore l’expression ni la formule. 
Peut être que l’hiver dira, libéré de cette attente.

50 années d’engagement dans la voie de l’arc et de l’Aïkido m’ont conduit à  l’automne de ma pratique.
La saison ambiante m’a suggéré  cette introspection reposant sur l’ observation d’une nature complice et très présente. Dans nos pratiques l’automne représente une conscience toute particulière. Le printemps et l’été ont fait leur besogne,  puisse celle-ci  se révéler et m’indiquer le meilleur des chemins. 

Bernard

Hommage

Hommage et Lumière
Hommage est Lumière

La touffeur martèle sans partage. Elle se faufile dans les angles ombragés et  derrière les façades. Le feuillage plus fragile semble paralysé, retenu, alors que la branche pénètre sagement son intériorité. 
Les jeunes filles dans leur fraicheur, se pavanent, dépouillées et provocantes. Soucieuses de leur apparence, elles badinent dévoilant une légèreté calculée.
Les garçons de leur âge déambulent gauchement, tout à leur barbe clairsemée.
Les lumières intérieures sont bien là mais il semblerait que les réserves s’amenuisent irrémédiablement. 
Désormais les anciens adolescents ne vaquent plus.  Eteints, ils foncent de leurs épaules tendues, perchés sur leurs pensées de sentence.
Un  îlot lumineux et tranquille passe parfois sans que nul ne consente à lui tendre une attention. Sur le trottoir, le regard large sans rien saisir, ses pas sont  décidés, tranquilles et furtifs, Il s’avance comme pour se glisser entre des  gangues collantes et presque nauséabondes.
Un peu plus loin quand les arbres prennent encore le dessus sur les aménagements sans partage qui progressent de toute part, des présences lumineuses dansent  ici ou là, comme un appel pudique. Ces lieux tendus  et irradiants se nourrissent de l’abondante gratitude qui imprègne et respire encore dans chaque recoin indigène.
Il fut un temps de l’offrande à ces endroits. On y venait pour s’y reposer, prier, méditer, offrir. De jeunes couples se déclaraient leur amour et demandaient protection.
Des Esprits y résident encore. À  bien observer, ils semblent dormir. Bien sur quelques lézards, une petite famille de loirs, quelques oiseaux ont trouvé refuge,  ils s’y connaissent. 
Les hôtes, de par leurs très lointaines origines sont là et  agissent même parfois  à leur manière bien  différente  des nôtres. Chaque lieu a la sienne.  Ce langage est tout particulier et  nous est étranger, à moins qu’on écoute silencieusement, humblement. Il nous faudra un peu de temps, une attention répétée,  une ouverture, un sans rien.
Comme une rencontre fortuite qui en dira long.
On fait alors, acte de venir, de s’y pencher, de s’y incliner, de goûter, de s’ouvrir. Peu à peu, les craintes de part et d’autre s’estompent. 
Présents depuis que l’endroit s’est forgé, ces Mânes ont façonné le lieu. Elles s’y sont glissées,  devenues pierre, arbre, eau, lave, brume … montagne, mer. Autrefois,  elles étaient  déjà  des Êtres  avertis, participant et contribuant à la danse des étoiles. L’immense pureté de leur âme compose les grands paysages célèbres  que la nature nous offre. 
Désormais elles semblent assoupies dans une sage patience.  Elles expireront un jour de même que leur habitat pour se fondre à nouveau dans l’immense gratitude imprégnant le tout.
Ne pourrions nous pas quand nous déambulons ici ou là, nous tenir à l’écoute d’une telle coïncidence. Cela peut être un arbre, une roche, un bord de rivière, un arbuste coincé entre deux bâtiments en béton, une cascade, voire une personne. Nous reviendrons régulièrement visiter,  rendre hommage, faire plus ample connaissance et enfin sortir de ces visites guidées touristiques.
Désormais, les projets matérialistes de la vie de tous les jours ont tristement remplacé passion et émerveillement. La peur et l’avidité suintent. L’éclat des yeux, reflet de notre enthousiasme se ternit, devient fuyant et retenu ou  défiant et provocateur.
La beauté intérieure qui nous fut léguée à la naissance s’estompe, se raréfie, pâlit. 
On s’engage dans une pratique noble avec cet esprit de consommation à la mode. Elle ne dépendra plus que de nos envies, de nos humeurs.
« LA » soutenir comme un bien précieux pour le monde environnant est totalement absent et ne figure pas dans nos réflexions, nos intuitions. Eloignée de  nos idéaux, tout revient obsessionnellement à soi-même.
On pratique quelques années puis on quitte avec  désinvolture, on fait une pause, convaincu de son bon droit. Oui bien sûr, on peut être malade, blessé, triste, déçu, sans le sou, mais pourquoi se remplir de  cette émotion du moment qui passe et qui s’impose, prenant  le dessus en dictateur aveugle. 
Soutenir, être relié, guérit, nous élève et ainsi dansent et chantent nos lumières intérieures. Désormais tout est cloisonné ; famille, partenaire, travail, loisirs, les choses aimées et celles haïes. Organisés en tiroirs, on passe de l’un à l’autre jouant son rôle adapté au créneau choisi.
La gratitude lumineuse imprègne chaque parcelle de la nature et nous en sommes remplie. Elle ne peut se cantonner à une étiquette, à une politesse sociale, à une humeur ou à un marchandage. 
Alors quant on ne sait plus quoi dire, quant on ne sait plus comment partager, quand on est dans le doute, il nous reste toujours  le Merci remplissant nos yeux, notre poitrine  et nos dire.
Reconnaître cela, l’exprimer, demeure sans nul doute la transformation la plus édifiante que notre pratique peut nous offrir. 

Bernard

pause

Le mode « pause » pourrait être bien plus élargi.
surtout quand on communique aux amis pratiquants ou et au guide de la pratique. 

Les deux ne peuvent être mélangé et ce que l’on dit aux uns, amis pratiquants est une chose et ce que l’on peut exprimer au professeur en est une autre. 

Cela éviterait les phrases égrainées, lourdes de parties triées, élaborées, calculées. 

C’est tellement ancré dans les habitudes que la connexion avec ceux ou celui à qui on s’adresse est oubliée. L’écriture, c’est du domaine de  la parole et elle  pourrait reposer sur notre quête du Hanaré.

Bernard

Accepteriez vous que le mental n’est point conscience et qu’il est primordial de le reconnaître afin que le mental se mette sur le mode « pause »
BB

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