LE FUBOKAN DE FRANCE

Mois : décembre 2015

Heidegger

La loi cachée de la terre conserve celle-ci dans la modération
qui se contente de la naissance et de la mort de toutes choses dans le cercle assigné du possible,
auquel chacune se conforme et qu'aucune ne connaît.
Le bouleau ne dépasse jamais la ligne de son possible.
Le peuple des abeilles habite dans son possible.
La volonté seule, de tous côtés s'installant dans la technique, secoue la terre et l'engage dans les grandes fatigues,
dans l'usure et dans les variations de l'artificiel.
Elle force la terre à sortir du cercle de son possible, tel qu'il s'est développé autour d'elle,
et elle la pousse dans ce qui n'est plus le possible et qui est donc l'impossible. 

Heidegger

Depuis un moment déjà les séances du mardi s’achèvent dans la nuit. Hier, l’humidité s’y est rajoutée. Le temps d’une série de flèches, elle perlait sur les fûts.

La séance a commencé en solitaire, Marie Annick m’a rejoint plus tard. Je prends un certain goût à tirer seul. Préparer le dojo dans le silence, parcourir les coins assoupis dans la pénombre naissante, poser les cibles, sortir les flèches, préparer l’arc. Tout est calme, le lieu accompagne avec bienveillance. Pendant le tir, l’intérieur essaye de recevoir ce calme, à tâtons. C’est pas encore ça. Tant pis. La prochaine fois peut-être. Il est quand même là quelque part, derrière la caresse d'une brise, derrière quelques buissons dans le noir, derrière un voile humide, derrière le silence. Mon agitation ne l’agite pas. Marie-Annick arrive, peu de paroles, une présence complice, la séance se poursuit sur le même rythme dense.
Fin de séance, le silence est toujours là, à veiller.

Michel

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