LE FUBOKAN DE FRANCE

Mois : février 2026

Je est un autre

Car je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs ou vient d’un bond sur la scène.
Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini ont accumulé les produits de leur intelligence borgnes, en se clamant les auteurs !
La première étude de l’homme qui se veut être poète est sa propre connaissance entière. Il cherche son âme , il l’inspecte, il l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple, en tout cerveau s’accomplit un développement naturel, tant d’égoïstes se proclament auteurs, il en est bien d’autres qui s’attribuent leurs progrès intellectuel !
Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Arthur Rimbaud

Ce texte de Rimbaud où vous pourriez remplacer « poète » par « archer » « pratiquant »
ou « méditant »
Ce texte pour nous  ouvrir à l’inconnu existant, comme nous avons bien voulu le faire
en trinquant sur un avenir à inventer.

Ce texte pour égayer les mots que vous avez bien voulu partager.

Ce texte qui peuvent éclairer les miens quand je me suis adressé à vous après votre partage.

Ce texte pour rétablir au naturel, ce ventre qui reculait au fur et à mesure que je vous
percutais de vent et de feu.

Ce texte pour oublier ces habitudes de refermer sa poitrine devant mes incongruités.

Ce texte pour réduire nos « intelligences borgnes »
Et grandir d’amour, de respect, de vigilance et d’ouverture.

🦋 yusen 🐻

Avant et après, reflet de l’Instant

Avant 

Quand on arrive, pénètre, se prépare…… on est rempli de cette attention pour être un peu différent, pour vivre autrement, pour se revoir avec nouveauté.
C’est un peu comme pour goutter un bon vin dégusté déjà de nombreuses fois.
L’attention première est dans l’observation de sa robe et la trace sur le verre de cristal puis c’est le parfum de ses arômes et le temps respectueux à le maintenir en bouche, à en garder la saveur par un silence partagé avec toute la préciosité ressentie …..et qui va éclairer peut être, ce que l’on aura à dire ou à taire.

On serait rempli de cette attention au passage de la porte comme pour exprimer sa joie silencieuse d’arriver.

Nous avons laissé dernière nous, habitudes, famille et travail dans une légère attention respectueuse parce qu’ils nous ont permis cette embardée sauvage que représente quelques jours de pratique.
Dans nos habitudes, famille, travail on s’est doucement préparé, par une anxiété riche de feu qui couve. On s’est souvenu avec intelligence du chemin qu’il faudra parcourir et celui déjà modestement entamé.
Ainsi quelque peu allégé des bagages d’un passé despotique, on s’avance et on s’avance encore. Le dos ne pèse plus mais pousse vers l’avant.

« l’Après »
Le corps rempli de la belle et bienvenue fatigue, l’estomac cherche de nouvelles forces habituelles et charmantes. Déjà dans des bulles festives, le gosier lieu de parole, va se perdre. Les mots oubliant leur ventre, s’élèvent dans l’oubli de l’espace porteur. Soudain les voix changent de ton, les corps les plus exposés se durcissent. L’hôte tout à préserver l’immense fragilité du lieu et la sienne si cassable, se glisse et laisse place au groupe dans sa joie d’après pratique.

 L’œuvre si précaire, tellement périssable, autorise les dérives insignifiantes et décalées…  

C’est ainsi tout est bien….

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            yusen

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