Le Voyage au Japon septembre 2014

Doux mois de septembre pour trois heureux pratiquants. Beau voyage au rythme fluide, à tacher de saisir les choses aussi ouvert que possible. Le Japon, au delà des mécontentements des pilotes ou des vols annulés, nous a tendu les bras, toujours accueillant, chaleureux, tumultueux, joyeux.


Tokyo, Yoyogi : Chant des cigales, brise du matin au parc,
piqures de moustiques...


Conversation d'un gingko avec une pagode,
Senso-ji. Tokyo

Visite chez le maitre artisan, facteur de flèche : quel plaisir de retrouver le capharnaüm organisé de cette minuscule boutique. Cordes, arcs et gants, résine, pointes et encoches , flèches réparées, commandées, ramenées, tout est bientôt étalé sur le petit meuble central, on n'ose plus bouger . Effervescence des commandes , des factures et des paiements, tout circule à merveille et nous repartons bientôt les bras chargés de tout le matériel à ramener pour les pratiquants restés sagement en France. Prochain épisode...à l'aéroport !!

Quelques achats dans un Tokyo toujours survolté , hotel train ticket couloirs resto...

Enfin, dernier matin à Tokyo, visite chez le Senseï, content de nous recevoir pour quelques heures et nous, tellement heureux d'avoir le privilège de pénétrer dans ce monde de l'Arc qu'il nous fait ainsi partager. Rencontre brève mais intense, un contact à travers le regard, dense de rigueur et de chaleur. Une direction est donnée. Echanges de petits cadeaux et partage du repas préparé par son épouse, le senseï nous montre des flèches, historiques... un gant, magnifique. 
Beauté, rafinement générosité, engagement total dans cette vie consacrée à l'Arc.


Les rizières, les bambous...

Puis, c'est le départ pour la montagne. Notre ami nous conduit chez lui. Belle demeure traditionnelle, et un magnifique dojo construit il y a quelques années à peine, trônant au milieu des rizières . Nous commencerons par ces dernières : Deux jours de récolte et séchage de ce riz savoureux dont nous nous nourissons à chaque repas.

Les rizières, les pins rouges...

 

Et puis, le Dojo : Espace sévère adoucie par l’alcôve. Un oratoire, le paysage encadré par les ouvertures sur la vallée. Visiblement plus habitué à une pratique solitaire et peut-être aussi un peu austère, le dojo nous a accueillie d’abord avec curiosité - qui sont ces gens qui déboulent ainsi entre mes murs ? - vite accompagné d’un mélange de bienveillance et de sévérité. 
La pratique, intense et précise, posée et calme. 4 jours de travail des kihons dans ce lieu privilégié et magnifique.
Très grand Merci à notre ami de nous recevoir ainsi et nous permettre de partager cette pratique avec lui .

Et déjà les préparatifs du retour. Emballer les arcs et les carquois demande attention et précision. Ils arriveront sains et sauf en France après les dernières péripéties de l'aéroport, ou la gentillesse des hotesses nous sauvera de quelques dépenses superflues.

Fin du voyage dans l’air de Kyoto. Quelques jardins et temples pour prolonger ces explorations.


Eikan-do           KYOTO

Un des principes fondamentaux des pavillons est de circuler à la périphérie de l’espace intérieur, à la limite avec l’espace extérieur, sous l’ "engawa ". Ce ne peut surement pas être qu’une simple réponse à une contrainte climatique.
La position est subtile, entre un intérieur sombre et profond et un extérieur offert mais à distance, d’une certaine façon inaccessible. Désir impossible. Le profond mystère de l’intérieur fait écho, se conjugue, avec le mystère de l’extérieur. L’homme chemine entre les deux, hésitant, attiré, désirant, émerveillé. 
Comme par hasard, le plancher de la galerie est recoupé par une petite marche, précisément de la hauteur d’un coussin de méditation. Invitation silencieuse qui s’impose. Les fesses posées là, les sens ouverts, paisiblement, entre deux mystères, sans importance.


Nanzen-ji         KYOTO

Il n’y a qu’ici que les choses, les arbres, les pierres, les temples, n’en finissent pas de finir dans l’espace qui les enveloppe au point qu’ils en deviennent inséparables, et insaisissables. Instants à prolonger par l’attention à l’instant.

Thierry, Michel, Frédéric. 

            et un grand merci à Michel, pour les traits de plumes...